QI et intelligence

ce qui peut changer la vie, les nouveautés, les utopies qui permettent d'avancer

Modérateur: Sylvana

QI et intelligence

Messagepar Sylvana » 17 Juin 2012, 07:54

Intelligence et qui
91 pour George W. Bush, 140 pour Madonna, paraît-il. Qui dit mieux ? Le grand public semble aujourd’hui friand du quotient intellectuel (QI), censé mesurer l’intelligence. Chacun étant curieux de connaître le sien, des magazines, des sites Internet et des émissions télévisées proposent de le calculer en quelques minutes pour le comparer à celui de personnalités du show-biz. On pourrait en sourire, si cette vogue n’avait des effets pervers : les psychologues sont de plus en plus souvent confrontés à des parents demandant qu’on leur fournisse le QI de leur enfant afin de savoir quel avenir lui est promis… Or le QI n’est ni un jeu ni un thème astral.
Le QI ne constitue pas une évidence mathématique : il a une longue histoire. Alfred Binet (1857-1911) et Théodore Simon (1873-1961) proposent en 1905 leur échelle métrique de l’intelligence, destinée à repérer les enfants promis aux plus grandes difficultés scolaires, afin de prévoir les aménagements pédagogiques qui leur seront dispensés. 

Le QI, source de bien des malentendus

L’échelle de Binet-Simon permet d’attribuer à chaque sujet son « âge mental », c’est-à-dire l’âge auquel des enfants « normaux » accomplissent des performances analogues aux siennes. Le retentissement de ces travaux sera immense aux États-Unis. En 1916, une version élaborée par Lewis M. Terman (1877-1956), inspirée du psychologue allemand William Stern (1871-1938), ajoute le QI, en l’occurrence le rapport entre l’âge mental et l’âge réel, multiplié par 100. Enfin, en 1939, pour faciliter l’utilisation de l’échelle sur les adultes, le psychologue américain David Wechsler (1896-1981) modifie le mode de calcul du QI, qui conserve son nom bien qu’il ne soit plus un quotient.
Le QI de type Wechsler, régulièrement actualisé, s’est imposé comme échelle d’évaluation de l’intelligence… mais constitue la source d’un premier malentendu. Le chiffre obtenu laisse croire que chacun disposerait d’une certaine dose de facultés intellectuelles. Or, le QI Wechsler ne mesure pas l’intelligence comme on mesure la taille ou le poids, mais classe (avec une marge d’erreur) un individu selon ses performances, par rapport à ses pairs de même âge. Le QI a donc une valeur statistique, et non pas métrique. Une autre idée reçue veut qu’il soit acquis une fois pour toutes dès 6 ans, ce qui signifie que malgré le développement de son intelligence, un individu occuperait toujours le même rang dans sa tranche d’âge. En fait, le QI n’est pas immuable : il peut varier considérablement si l’environnement socioculturel est lui-même modifié. Par exemple, une étude se penchant sur l’évolution intellectuelle des petits Américains a montré que le QI d’enfants pauvres peut chuter de 5 points entre 6 et 11 ans, tandis que celui d’enfants plus favorisés reste stable. Selon les chercheurs, aucun autre facteur que l’environnement ne semble expliquer ce chiffre (1). La valeur prédictive du QI est donc faible : un praticien ne peut se fonder sur un QI ancien pour apprécier l’intelligence actuelle ou future d’un patient.
http://www.scienceshumaines.com/le-qi-e ... 21822.html
Avatar de l’utilisateur
Sylvana
Administrateur
 
Message(s) : 571
Inscrit(e) le : 25 Jan 2012, 15:40
Localisation : Savoie

Retour vers café des sciences

Qui est en ligne ?

Utilisateur(s) parcourant ce forum : Aucun utilisateur inscrit et 1 invité

cron